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    Le clip de Sofi

    Sofi Oksanen – Born to write | Sofi Oksanen – syntynyt kirjailijaksi

    Sofi Oksanen présente Purge et Les Vaches de Staline, librairie Mollat, 2011

    « Les femmes ont toujours été fortement représentées dès la naissance de la littérature finlandaise »

  • Les coulisses du roman:

    Quand les colombes disparurent

    La genèse du roman

    L’écriture d’un roman peut prendre des années ; mais quand j’ai débuté ma carrière d’écrivain publié, il y a dix ans, j’ignorais que le titre devait être défini six mois avant la parution, de même que les textes de présentation et la couverture.

    Je ne savais pas non plus que les ventes se faisaient à ce moment-là. De même, la cession des droits de traduction commence avant la parution.

    Écrire le contenu du livre est un travail solitaire, au sein d’une équipe réduite à l’écrivain et l’éditeur. En revanche, la production de l’ouvrage requiert tout un orchestre invisible, aux effectifs toujours croissants.

    Les Colombes n’atteindraient pas les lecteurs sans une troupe de milliers de professionnels : metteurs en page, graphistes, traducteurs, agents, libraires, éditeurs, correcteurs, programmeurs, imprimeurs, emballeurs, juristes, acteurs des livres audio… La liste est infinie.

    La gestion de ce travail d’orchestre est essentielle, à mon sens, parce que son harmonie est le plus important pour mon œuvre après l’écriture elle-même.

     

    Le choix du titre

    Le titre d’un roman finlandais d’aujourd’hui se doit d’être court et incisif. De préférence, il permettra de se faire une idée du livre. De préférence, il épargnera aux journalistes le casse-tête d’écrire un article où ils seraient amenés à répéter un titre avec trop de mots. De préférence, il pourra être utilisé dans les publicités ; or dans les publicités, les titres longs sont impossibles. Bref, moins il y a de lettres, mieux c’est. Comme les listes du Top 10 répètent d’année en année cet éternel refrain, il m’a semblé que ces titres courts avaient atteint leur point de saturation. Ça suffit, c’est déjà vu. Rebattu. Aujourd’hui, le roman d’Eeva Joenpelto brillamment intitulé Elämän rouva, rouva Glad (« Madame Glad, une dame de la vie ») serait tout simplement Glad. Quant à son Tuomari Müller, hieno mies (« Le juge Müller, un homme charmant »), ce serait vraisemblablement Tuomari tout court.

    Le roman traite d’une époque où les titres des livres étaient souvent d’une longueur absurde. Il traite d’une époque où la langue sombrait dans l’obscurité. La rhétorique soviétique était caractérisée par une expression floue, imprécise, répétitive et fallacieuse. L’adéquation des titres des livres aux besoins de la publicité n’était pas prise en considération, puisqu’il n’y avait pas de publicité. Ne serait-ce que pour cette raison, un titre d’un seul mot, en l’occurrence, m’a semblé inconcevable.

    Les livres devraient être baptisés sur la base de leur contenu, et non selon des tendances de marketing.

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    – Sofi Oksanen

     

    L’expérience du traducteur

    « Si fleurie, aimante, protectrice – traduite avec un beau sens de la grâce et de la vigueur par Sébastien Cagnoli – la langue de Sofi Oksanen semble faite pour panser les plaies de générations entières. »

    Marine Landrot, Télérama

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    Sébastien Cagnoli, par Pierre Gable

    Dans Les vaches de Staline et dans Purge, l’histoire récente de l’Estonie était souvent évoquée du point de vue des femmes. On pouvait se demander ce que faisaient les hommes, pendant ce temps, là-bas, au loin, dans la clandestinité des forêts ou dans la jungle des villes. Quand les colombes disparurent lève le voile sur ce mystère. On retrouve les femmes des Vaches ou de Purge, avec leur force et leur fragilité, ainsi que les femmes recluses de Baby Jane (le deuxième roman de Sofi, chronologiquement), avec toute leur complexité, mais de nouveaux personnages entrent en scène : les hommes, qui évoluent sur d’autres fronts.

    Stylistiquement, cela implique qu’on va devoir créer de nouveaux décors (forêts, champs de bataille, bureaux…), de nouvelles atmosphères. De fait, différentes voix alternent dans ce roman, objectives ou subjectives, de différentes époques. En ce qui concerne le vocabulaire et le style, il va falloir écrire un roman d’aujourd’hui tout en veillant à éviter les anachronismes et à cultiver un ton un peu suranné.

    L’activité de traduction de Quand les colombes disparurent (ou de Kun kyyhkyset katosivat, comme le roman s’appelait alors) a commencé dès que Sofi a établi avec son éditeur un texte quasiment définitif, donc plusieurs mois avant la sortie finlandaise. À quoi ressemble le travail du traducteur ? Comme celui de l’auteur, c’est à la fois une activité solitaire d’écriture (chez soi, en bibliothèque, sur la plage, dans l’avion, dans le train) et un travail d’équipe avec un certain nombre de partenaires : avec l’auteur et l’éditeur, bien sûr, puisque je joue entre eux un rôle de médiateur, mais aussi avec les « informateurs » et les autres traducteurs.

    Ma chance, en l’occurrence, c’est d’avoir pu travailler dans des conditions harmonieuses avec toute cette équipe. Comme d’habitude, Sofi se prête au jeu de manière constructive : elle connaît et elle aime beaucoup la culture française, et elle sait qu’un lecteur francophone n’a pas toujours les mêmes attentes, les mêmes interrogations, les mêmes goûts, les mêmes repères qu’un lecteur finnois.

    Nous étions plusieurs à traduire ce roman simultanément. Entre traducteurs des quatre coins du monde, nous nous connaissons et collaborons grâce à des initiatives orchestrées par la Finlande. Nous nous réunissons parfois physiquement à Helsinki, mais surtout virtuellement sur des forums (en particulier un site dédié aux traducteurs de littérature finlandaise) et par des échanges individuels. Un certain nombre de problèmes nous sont communs ; mais nous rencontrons aussi des difficultés spécifiques, bien sûr, en fonction de la langue dans laquelle nous écrivons et du public auquel nous nous adressons.

    Il est intéressant de noter que les années d’occupation allemande de l’Estonie, sur lesquelles Sofi se penche plus précisément dans ce roman, seront plus familières encore pour les lecteurs français que pour les finlandais. En France, à cette époque, certaines régions frontalières ont même connu successivement des évacuations, une occupation italienne puis une occupation allemande, tandis que la résistance s’organisait dans le maquis. Sofi apporte un regard finlandais sur ces années tragiques. Par le biais des traductions, elle s’adresse à nous aussi bien qu’aux lecteurs estoniens.

    La prose de Sofi regorge toujours de sensations qui frappent par leur acuité – voire leur hyperacuité, souvent. Les cinq sens sont fréquemment sollicités, pour composer des tableaux impressionnants. L’écriture passe par la perception de ces sensations. Je dois devenir chacun des personnages, à mon tour, comme Sofi l’a fait d’abord. Je dois être totalement immergé dans ces odeurs, ces bruits, ces lumières tamisées ou éblouissantes, pour être en mesure d’écrire à mon tour, en français, ce que Sofi a écrit avant moi dans sa langue.

    De mes voyages, je garde des souvenirs multisensoriels de Tallinn, de Haapsalu, des campagnes estoniennes, mais aussi de la Russie et des villages de Sibérie, des itinéraires en train ou en bateau… Cela nourrit la dimension documentaire de l’écriture. L’autre dimension du travail est proprement littéraire et fictive : elle relève de l’empathie et de l’imagination. Enfin, la prosodie elle-même doit être évocatrice. J’ai souvent parlé avec Sofi de musique et de rythme. Ce n’est sans doute pas un hasard si elle admire Marguerite Duras. Le choix des mots et la construction des phrases accordent ici une place importante au rythme et à la musique.

    Ces questions prosodiques ont été soulevées aussi par les procédés narratifs, qui ne sont pas les mêmes en finnois et en français. J’ai exploité divers paramètres – comme les temps des verbes, par exemple – pour reconstituer les tableaux variés qui composent les Colombes : champ de bataille, scènes de campagne, ville libérée ou oppressante, et surtout, enfermement, séquestration, par les autres, par « l’autre », ou par soi-même, et pièges qui se referment.

    Enfin, une grande qualité de l’écriture de Sofi, plus que jamais, est ici la finesse avec laquelle sont énoncés les faits : elle n’en dit ni trop, ni pas assez. Parfois, une évocation suffit, parfois une image. Comment trouver la juste mesure, en français ? Comment rendre ce style elliptique de Sofi, cette prose impressionniste ? Comment retrouver cette façon de « n’en dire ni trop ni pas assez », étant donné qu’il faut nécessairement « dire autrement », puisque tel est le propre de la traduction ? Il y a là quelque chose à réinventer.

    Sébastien Cagnoli

    Après une formation d’ingénieur et une carrière dans une société de systèmes d’information, Sébastien Cagnoli se consacre à la traduction littéraire et à la recherche en langues et civilisations finno-ougriennes. Lauréat du Prix du Jeune Écrivain en 2001, il a traduit des romans de plusieurs auteurs finlandais, notamment Daniel Katz et Sofi Oksanen. En 2010, Purge est récompensé par le prix du roman Fnac, attribué pour la première fois à un roman traduit.

    Auteur d’une pièce de théâtre présentée au Salon d’Automne en 2004, il contribue à faire connaître l’œuvre dramatique de Philip Ridley, ainsi que d’auteurs finlandais tels que Mika Waltari et Sofi Oksanen (Purge, la pièce dont elle a tiré son roman homonyme). Remarqué pour ses adaptations de poèmes de A.E. Housman, il a également publié des recueils de Uuno Kailas et de Caj Westerberg. Parallèlement à la version française de Quand les colombes disparurent, il cosigne une version niçoise (occitane) du même roman, en collaboration avec l’écrivain Miquel de Carabatta.

  • Nouvelle inédite

  • Bonus de Purge

    Le trailer du film

     

    Quelques textes inédits, écrits et commentés par Sofi Oksanen autour de son livre Purge.

  • Baby Jane

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  • Les vaches de Staline

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  • Les vaches de Staline

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  • Quand les colombes disparurent

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  • Quand les colombes disparurent

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  • Purge

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